Interdiction du Raspberry Pi lors de l’investiture de Zoran Mamdani à la mairie de New York
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L’interdiction du Raspberry Pi à l’investiture du maire de New York en 2026 est réelle. Ce n’est pas une satire. Ce n’est pas un site parodique. Le Raspberry Pi figure, nommément, aux côtés d’explosifs, de drones, d’armes et de pointeurs laser sur la liste officielle des objets interdits pour la fête de quartier publique célébrant le nouveau maire de la ville.

Quelque part dans le sud de Manhattan, le 1er janvier, un simple nano-ordinateur inoffensif est manifestement considéré comme presque aussi dangereux qu’une bombe artisanale. On ne sait pas encore si cela concerne uniquement les modèles Raspberry Pi classiques ou si le Raspberry Pi Pico est également concerné. Peut-on venir avec un Raspberry Pi 500+ ?
Le Raspberry Pi apparaît dans la rubrique « Que dois-je apporter ? » sur le site officiel de l’inauguration, soigneusement placé avec le Flipper Zero, des battes, matraques, substances illégales et… des parapluies. Oui, des parapluies. À New York, on ne plaisante pas avec la sécurité.
La logique derrière l'interdiction du Raspberry Pi
Comme nous le savons chez Elektor, le Raspberry Pi est un petit ordinateur polyvalent surtout utilisé par des étudiants, des enseignants, des artistes, des journalistes et des amateurs de LED clignotantes. Il n’a aucun superpouvoir. Il n’émet pas de rayons de contrôle mental. Il n’appelle pas de drones. Il ne pirate pas, à lui seul, les feux de circulation, ne détourne pas le métro et ne prend pas le contrôle de la mairie – sauf si vous avez oublié d’interdire les ordinateurs portables, les smartphones et tous les autres ordinateurs.
Si la crainte concerne les risques électroniques, cette politique a déjà un problème. Tous les participants auront un smartphone sur eux – plus rapide, plus connecté, plus puissant, et bien plus difficile à contrôler qu’un Raspberry Pi attaché à une batterie externe. Le téléphone peut diffuser en direct en 4 K, scanner des visages, émuler des tags NFC, communiquer avec les antennes-relais, satellites, Wi-Fi, Bluetooth, et peut-être même votre réfrigérateur. Le Pi, lui, attend toujours la bonne configuration du Wi-Fi.
Des règles de sécurité faites à l’instinct
Normalement, New York écrit d’excellentes règles de sécurité publique. Times Square le soir du Nouvel An – l’un des événements les plus sécurisés au monde – interdit sacs à dos, drones, armes et alcool. Mais pas les marques. On ne cède pas à la panique. On comprend que la sécurité des foules relève surtout de la physique, pas des gadgets.
L’interdiction du Raspberry Pi semble moins fondée sur une évaluation du risque que sur une recherche Google de « gadget hacker », où deux noms connus sont retenus et le raisonnement s’arrête là. C’est la sécurité dictée par l’instinct. La liste pense à votre place.
La pente glissante, microcontrôleurs compris
Après le Raspberry Pi, l’avenir s’annonce sombre. Les cartes Arduino suivront. Puis les kits ESP32, les clés SDR, analyseurs logiques USB, badges DEFCON, calculatrices graphiques tenues de travers, Tamagotchis au firmware modifié, une Game Boy avec un câble link « qui semble un peu radio », et à la fin un Furby qui en sait trop.
Pendant ce temps, chacun passera le contrôle de sécurité avec un smartphone capable de faire tout cela, et même de commander le déjeuner.
La curiosité sous surveillance
Interdire nommément des appareils comme le Raspberry Pi a un coût culturel. New York est remplie d’enseignants, d’artistes, de hackers pour l’accessibilité et de citoyens technophiles qui utilisent de petits ordinateurs embarqués comme outils d’expression ou d’accès. Transformer ces outils en objets suspects ne rend pas l’événement plus sûr. Cela ne fait que rendre les règles plus absurdes.
La sécurité publique fonctionne mieux quand elle est précise, claire et rationnelle. Des catégories nettes. Des risques nets. Une application nette. Pas une liste d’objets gadgets à côté des explosifs en espérant que personne ne remarque.
La liste complète des objets interdits, incluant le désormais fameux Raspberry Pi, est disponible pour votre plaisir du réveillon ici.
Et c’est peut-être la première fois de l’histoire qu’un ordinateur ARM sous Linux est officiellement jugé trop dangereux pour une fête de quartier.

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