Denis Meyer

Synthés modulaires : l'embrouille

27 février 2016, 19:13
Nos langues se sont-elles appauvries au point de ne plus avoir de mots pour décrire les fonctions sonores?
Nos langues se sont-elles appauvries au point de ne plus avoir de mots pour décrire les fonctions sonores?
Parmi les tendances des produits présentés au récent NAMM show 2016, nous avons déjà relevé ici l’omniprésence de l’adjectif analogique. Un autre mot-clé qui prolifère est « modulaire ».

Beaucoup de nouveaux synthétiseurs, même quand ils sont intégralement numériques, sont modulaires, avec beaucoup de boutons, de commutateurs, des entrées et des sorties reliées entre elles par des câbles en pagaille.
Que le résultat sonore de ces choucroutes garnies ne soit pas toujours passionnant, c'est plutôt la faute de ceux qui les utilisent... mal.

Le prix de ces modules est loin d’inciter l’amateur à l’expérimentation et encore moins à la consommation. Or, pour espérer se familiariser avec ce genre de modules, il faut, outre de l’argent, du temps, de la patience, et de l’imagination pour comprendre la terminologie employée. Pour désigner les bonnes vieilles fonctions d’oscillateur, de filtre et d’enveloppe, le langage utilisé en 2016 est volontiers ésotérique.

Le phonogène à clavier de Pierre Schaeffer

Il faut reconnaitre que les fonctions des modules d’aujourd’hui sont plus riches et complexes qu’elles ne l’étaient du temps où un oscillateur s’appelait oscillateur et un filtre filtre : ainsi le fabricant Hexinverter décrit-il son VCO experimental avec ces mots : Jupiter Sorm is a cosmic noise oscillator. Wouah!

Le pompon de l'obscurantise est pour le fabricant makenoise, qui produit des modules par ailleurs excellents, dont un est inspiré du Phonogène imaginé il y a 60 ans ( !) par Pierre Schaeffer : sur la façade, il n'y a plus que des dessins.
 
 
 
   
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