Jan Visser

Banc d’essai : imprimante 3D Anycubic Photon

19 décembre 2018, 09:41
Banc d'essai de l’AnyCubic Photon dans le labo d’Elektor.
Banc d'essai de l’AnyCubic Photon dans le labo d’Elektor.
Que pouvons-nous dire de cette imprimante après l’avoir utilisée quelque temps dans notre labo ? Tout simplement que nous avons été enthousiasmés par sa convivialité et par la qualité de l’impression. Cette imprimante, qui utilise le procédé Digital Light Processing (DLP), est de construction robuste en aluminium, et elle permet l’impression aisée d’objets très détaillés.

L’imprimante 3D Anycubic Photon imprime des objets avec de la résine liquide. Un faisceau ultraviolet projette une image sous le bain transparent de résine et l’objet est construit couche par couche sous une plateforme qui s’élève petit à petit. Si l'on compare avec une imprimante 3D FDM (Fused Deposition Modeling), où un extrudeur chauffé dépose un filament de plastique fondu pour obtenir une forme donnée, il apparaît que ce procédé-ci est plus simple. Il y a peu de pièces mobiles et seul l’axe vertical bouge.
La procédure est on ne peut plus simple. Vous chargez tout d’abord l’objet conçu par vos propres soins, ou un fichier STL, dans le logiciel de trancheuse fourni avec l’appareil (Photon slicer), puis dans l’imprimante avec une clé USB ou un câble relié à l’ordinateur. Il suffit ensuite de mettre l’imprimante de niveau, régler la hauteur de la plateforme, remplir un quart du bac avec de la résine et lancer l’impression. Quelques heures plus tard, l’objet est prêt.

L’imprimante Anycubic Photon est sans conteste l’un des modèles DLP les plus intéressants du marché, surtout si l’on considère la résolution de 25 à 100 µm. Peut-être pas de quoi entonner l'alléluia, mais c’est tout de même plusieurs fois plus précis que les imprimantes FDM ordinaires. Il vous faudra cependant vous retrousser les manches pour nettoyer l’objet et enlever les résidus de résine du bac et de la plateforme...

Le positionnement de la plateforme à l’aide de l’écran LCD demande un peu d’entraînement, mais une fois le procédé maîtrisé, c’est pratiquement un jeu d’enfant.

Résines
anyCube Photon
La bague imprimée est sous la plateforme.

Un des inconvénients est que la résine est assez chère. On en trouvera certainement meilleur marché sur internet, mais attention à la qualité ! Pour nos tests, nous avons utilisé la résine verte d’un volume de 250 ml fournie avec l’appareil. Elle sèche vite (8 à 10 s par couche) et préserve bien les détails. Nous avons imprimé un modèle de la tour Eiffel avec des poutrelles de 0,3 mm ; les cercles et rondeurs ne posent pas de problème non plus. 

La résine est disponible en plusieurs couleurs, et le liquide résiduel est réutilisable : il suffit de reverser la résine dans la bouteille une fois le travail accompli, après un éventuel filtrage pour se débarrasser de petits résidus. La durée de conservation de la résine, au frais et à l’abri de la lumière est d’environ 12 mois. Veillez aussi à porter des gants pour manipuler la résine et à bien aérer le local lors de l’impression, l’odeur est assez forte.

Une fois l’objet terminé, il faut encore le nettoyer à l’alcool pour enlever les petits résidus de résine, puis le laisser durcir à la lumière du jour ou sous une lampe UV.
 
Les détails des objets imprimés sont parfaitement visibles. 
Bon à savoir
Le réservoir à résine doit être bien horizontal, et la plateforme fermement fixée. Il y a un effet de succion important entre le fond du réservoir et la plateforme, ce qui peut entraîner un mouvement de celle-ci et une distorsion de l’impression.

Les dimensions de la plateforme ne sont pas très importantes, seulement 115 mm sur 65, pour 155 mm de hauteur. Les grands objets ne pourront donc pas être imprimés en une seule fois ; il suffit d’en imprimer des parties, puis de les assembler comme un kit.

Que l’on imprime 20 objets à la fois ou un seul, le temps d’impression est le même. Il est donc intéressant de charger l’imprimante avec le plus d’objets possible avant de la lancer. Il est à noter qu’avec une imprimante 3D FDM, c’est l’inverse : le temps d’impression est proportionnel au nombre d’objets sur la plateforme.

Le temps d’impression dépend aussi de la couleur et de la transparence de la résine : il sera plus court avec des couleurs claires transparentes à la lumière, et plus long avec des couleurs foncées qui le sont moins. L’impression et le séchage de couleurs foncées est plus long que pour des couleurs claires, il faut en tenir compte.

Avantages
- Prix avantageux par rapport à d’autres modèles d’imprimante 3D DLP
- Mise en œuvre et réglages faciles
- Impressions de haute qualité et résolution impressionnante de 25 à 100 µm
- Dimensions compactes et bien proportionnées
- Bon manuel d’instructions pour le montage, l’entretien, etc.
- Logiciel de trancheuse gratuit et performant.

Inconvénients
- Volume relativement petit des objets imprimables : 115 x 65 x 155 mm
- L’emploi d’une résine collante peut rendre l’impression 3D brouillonne
- Le nettoyage et le séchage des objets après impression prend du temps et exige de la patience
- Il en va de même pour le nettoyage du matériel après usage
- Il faut prévoir de l’équipement de sécurité, mais des gants et un masque sont fournis avec l’imprimante.

Conclusion
Nous avons été très agréablement surpris par l’AnyCubic Photon, que ce soit pour la qualité de l’impression ou la facilité de sa mise en œuvre. Au vu de l’offre du marché – généralement à plus de 1.000 €, il s’agit d’un appareil de choix pour débuter en impression 3D DLP, que ce soit pour des débutants ou des amateurs avertis. Son rapport qualité/prix en fait sans nul doute un des meilleurs choix possibles sur le marché actuel des imprimantes 3D.
 
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