L’électronique pollue : au début de la chaîne, l'exploitation minière en quête d’éléments utilisés dans la fabrication des composants détruit massivement d'immenses étendues de terrain. À l’autre bout de la chaîne, des montagnes de déchets électroniques mis au rebut libèrent toutes sortes de substances toxiques. Et si l’on fabriquait des composants électroniques biodégradables ?
 
Des chercheurs de Karlsruhe (Allemagne) ont remplacé les substances toxiques utilisées aujourd’hui pour fabriquer des appareils électroniques par des matériaux facilement biodégradables. Comme isolants, il y a l'amidon, la cellulose, la gélatine ou la chitine. Pour les semi-conducteurs et les colorants, ils ont utilisé des extraits de plantes. Leur durée de vie est certes moins longue que celle de leurs homologues inorganiques, mais suffisante pour survivre aux appareils électroniques qu’ils équipent. Ensuite, en fin de vie, ces appareils électroniques ou plus précisément leurs composants biodégradables pourront être jetés dans le bac à compost où ils pourriront comme un trognon de pomme.
 
L’objectif est de changer le mode de fabrication des appareils électroniques d’usage quotidien. Cela permettrait aux constructeurs de passer aux matériaux écologiques sans avoir à changer leurs outils de fabrication. Il y a encore du travail à accomplir pour parfaire la cohérence des encres, mais les chercheurs ont bon espoir que l'électronique organique biodégradable entre sur le marché d’ici trois ans.