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La faim de (la) haute-fidélité ?

10 décembre 2013, 14:37
La faim de (la) haute-fidélité ?
La faim de (la) haute-fidélité ?

Omniprésent sur les appareils audio-vidéo dits nomades, le format audio MP3 est, comme chacun sait, un format de codage destructif. Au prix de la perte de certaines informations, il réduit le poids d’un fichier audio dans un rapport variable de l’ordre de 1 à 10. Le codage MP3 utilise l’effet de masque qui conduit à ne pas retransmettre intégralement le spectre des fréquences audio dont sont supprimées les composantes réputées les moins perceptibles (parce que masquées par d'autres) de façon à ce que la dégradation perçue soit aussi discrète que possible. Ce n'est pas une compression à proprement parler, mais plutôt une suppression délibérée d'informations.

L’audition d’un fichier audio codé en MP3 devrait donc engendrer chez l'auditeur une moindre satisfaction que celle que lui procure l’original. Logique, non ? Eh bien, ce n'est pas aussi simple.
C’est même le contraire que révèle une récente étude américaine, réalisée par le professeur Jonathan Berger de l’université Stanford, qui a fait écouter à ses étudiants de nombreux extraits musicaux, codés ou non selon divers formats, pour constater, surpris, que ses cobayes préféraient aux originaux les versions codées en MP3 ! Le son plus « métallique » résultant du codage MP3 serait perçu par les jeunes auditeurs non pas comme une dégradation du signal audio original mais comme une tonalité particulière qu’ils apprécient.

Chez un auditeur qui n'écoute que de la musique codée en MP3, l’oreille perdrait-elle peu à peu ses capacités à distinguer les plus subtiles nuances d’une reproduction audio de qualité, puisque de telles nuances ont été délibérément éliminées du fichier codé en MP3 ?

Ces interrogations peuvent être rapprochées des remarques faites par de nombreux audiophiles qui préfèrent le son, jugé plus « chaud », des enregistrements gravés sur disques vinyles, à celui beaucoup plus « froid » des CD.

Votre avis nous intéresse.

 

Malheureusement vous avez raison!
Le MP3 étant omniprésent il a supplanté la Hi-Fi à tel point que plus personne -enfin presque- ne peut reconnaître la vraie qualité d'un morceau.
En fait tout est question de repère.
Comment faire la différence entre Hi-Fi et MP3 si l'on n'en connaît qu'un?!
Cette généralisation "du bas de gamme" est d'autant plus insupportable à ceux qui n'écoutent que de la Hi-Fi.
Bien triste époque où tout évolue en soi-disant mieux sous couvert de haute technologie.
La numérisation intempestive se veut sans reproche alors qu'elle n'est qu'approximation!
De plus cette évolution des repères musicaux a une fâcheuse tendance à se propager dans d'autres domaines... mais ça...
Geoffroy Ceccone

 

L'idée de mettre en // le son procuré par le MP3 et celui procuré par le disque vinyle ( et le pur analogique en général ) est une ineptie. C'est bien trop imprécis. Les choses sont bien plus complexes (comme toujours).
Il aurait fallu faire une comparaison entre un son direct (instruments de musique --> microphones  --> système d'écoute --> auditeur-, en restant en analogique, c'est bien ça qui nous permet  d'avoir le signal électrique le plus proche de la réalité) et d'un côté la même chose insérant divers formats numériques "en temps réel", y compris le MP3, et d'autre par en passant par divers supports, analogique (bande magnétique, vinyle) et numérique (CD, DAT , fichier wav, DSD, etc)

On s'apercevrait alors que le plus réel n'est pas forcément le plus apprécié.
Et que le vinyle peut se rapprocher du son électrique "direct" le pus proche de la réalité (une gravure directe bien réalisée est plus performante que la bande magnétique analogique, sur certains critères).
On s'apercevrait aussi évidemment, comme ce que veut en partie montrer l'article (là, je suis d'accord), que la culture détermine en partie le goût et que pour cette raison-là, le MP3 peut être apprécié, mais c'est en relation avec les autres techniques et habitudes d'enregistrement (je pense surtout à le compression de dynamique).

Mais de laisser entendre que l'appréciation d'écoute du MP3 et du disque vinyle sont de la même nature, et ramenée à une simple "chaleur" subjective (concept bien trop réducteur), c'est archi faux.
Un enregistrement analogique, y compris un disque vinyle, peut sonner froid. Un enregistrement numérique y compris le CD, peut sonner "chaud", et le MP3 peut sonner l'un ou l'autre, selon le signal à traiter (ça dépend des musiques, et des taux).
Yannick Mahé

 

J’ai énormément apprécié cet article qui me conforte dans l’idée que malheureusement la haute-fidélité en en train de mourir à petit feu.
Je ne suis en revanche pas d’accord avec la dernière phrase de l’article comparant les CD et les vinyles.
Je n’étais pas de cet avis au départ, considérant même les gens qui le disaient comme des obscurantistes, mais effectivement, j’ai du me rendre à l’évidence le son d’un très bon vinyle écouté sur un très bon équipement est meilleur que le son d’un CD sauf en terme de rapport S/N et c’est normal dans le sens où un CD est déjà un enregistrement dont on a volontairement limité la quantité d’information.
Je vous rassure tout de même en vous disant que je n’écoute pratiquement que des CD car contrairement aux MP3 c’est encore de la haute fidélité.
Luc Barré

 

Quels que soient le soin et le niveau technologique employés pour restituer le plus fidèlement possible des sons produits par un instrument "x" avec des systèmes différents de celui qui l'a produit, il y a modification et donc perte de fidélité. A partir de là, comme tous les goûts sont dans la nature, certains apprécient plus ou moins favorablement les différences de perception ; par exemple, certaines percussions gagnent beaucoup à être restituées par des systèmes acoustiques amplifiant considérablement les basses, au moins au dire d'une grande partie de la jeunesse. Il s'agit alors davantage d'une (dé)formation du goût audiophonique que d'un jugement de valeur. Pour ce qui concerne la compression MP3, lorsqu'elle reste dans des limites raisonnables, la plus grande partie des auditeurs de plus de vingt ans d'âge n'est plus physiologiqement en mesure d'en ressentir les effets, même sur un système de restitution parfaitement fidèle (ce qui est de plus en plus difficile à trouver).
Alain Brunet

 

Je pense que le MP3 n’est que l’aboutissement de la dégradation générale de la musique et, du coup, du monde de la musique. Je n

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