La migration vers la cryptographie post-quantique n'est pas un sujet que l'on peut remettre à « plus tard, quand les ordinateurs quantiques seront là ». Dans un nouvel extrait d'Elektor TV tiré de la conférence d'Elektor Academy Pro consacrée à la la cryptographie post-quantique, Klaus Schmeh d'Eviden Digital Identity explique pourquoi les systèmes conçus pour durer exigent une attention particulière bien avant l'arrivée d'un ordinateur quantique capable de compromettre les mécanismes cryptographiques actuels. Pour les ingénieurs en systèmes embarqués et en IoT, la difficulté ne consiste pas seulement à choisir de nouveaux algorithmes, mais aussi à repérer tous les endroits où la cryptographie est déjà utilisée.

Migration vers la cryptographie post-quantique : voir la vidéo

L'enjeu ne se limite pas au « Q Day ». Si un appareil, un identifiant, une carte à puce, un contrôleur industriel ou une chaîne de mise à jour sécurisée doit rester fiable pendant de nombreuses années, l'horizon de planification est plus proche qu'il n'y paraît. Un système peut être parfaitement opérationnel aujourd'hui et se retrouver malgré tout en décalage avec les échéances à venir.

Les normes sont là, mais le travail n'est pas terminé

Le contexte a changé : ce qui relevait autrefois de la recherche est désormais devenu une question d'ingénierie. En août 2024, le NIST a finalisé ses trois premières normes : ML-KEM pour l'encapsulation de clés, ML-DSA et SLH-DSA pour les signatures numériques. Les concepteurs disposent ainsi d'un cadre de référence plus stable, mais cela ne met pas automatiquement à jour les produits déjà déployés. Les clés, certificats, chargeurs d'amorçage, cartes à puce, éléments sécurisés, outils de provisionnement en usine, procédures de test et mécanismes de mise à jour à distance reposent souvent sur des hypothèses qui étaient parfaitement valables avant que la cryptographie post-quantique ne devienne une exigence de conception concrète.

C'est pourquoi la migration vers la cryptographie post-quantique commence par un inventaire. Les ingénieurs doivent identifier tous les points du produit où interviennent RSA, ECC, les échanges de clés, la validation des certificats, le démarrage sécurisé et les mises à jour de firmware signées. Ils doivent également identifier quels éléments peuvent être modifiés par logiciel, lesquels dépendent de blocs matériels, et lesquels sont en pratique figés une fois l'unité expédiée. Quiconque a déjà tenté de mettre à jour un produit embarqué déployé sait qu'une correction reportée peut rapidement devenir difficile à mettre en œuvre.

Pour les systèmes embarqués, le temps est le véritable défi

Les systèmes embarqués rendent la transition post-quantique plus complexe : longues durées de service, mémoire limitée, contraintes de bande passante, fonctions de sécurité matérielle figées et cycles de certification lents. La feuille de route officielle du National Cyber Security Centre britannique fournit un repère utile : définir les objectifs et achever la phase de découverte d'ici 2028, effectuer les premières migrations prioritaires d'ici 2031, et finaliser la migration élargie d'ici 2035. Les dates exactes peuvent varier selon le secteur, mais la nature du travail est claire. La cryptographie post-quantique n'est pas une simple mise à jour de bibliothèque ; c'est une planification du cycle de vie.

La vidéo propose une introduction courte et concrète pour lancer la discussion avec des collègues qui considèrent encore la cryptographie résistante aux attaques quantiques comme un problème lointain. Elektor poursuit également le sujet avec un webinaire technique organisé avec NXP sur le passage de la cryptographie post-quantique des normes aux produits embarqués réels.

Si le produit est conçu pour durer, sa stratégie cryptographique doit l'être aussi.

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