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Le jour où j'ai parlé à ma chaussette

10 décembre 2013, 14:38
Le jour où j'ai parlé à ma chaussette
Le jour où j'ai parlé à ma chaussette

Un lundi matin de janvier 2017. Réveil pénible, café lampé brûlant, veste enfilée au vol et soudain tout s'arrête : « mèèè... où est mon smartphone ? ». Deux secondes plus tard, le déclic : cette chaussette ramassée en sortant du lit, puis rejetée en pestant... Vous courez jusqu'à votre chambre : le téléphone chiffonnable est bien là, sous le lit, froissé en boule.

Des smartphones aussi souples que des chaussettes en 2017 ? Pourquoi pas ?

Après tout, quelques prototypes d'écrans flexibles ont été présentés au récent Consumer Electronics Show : l'écran OLED du téléphone Youm de Samsung, les écrans IGZO de Sharp, et ceux de la tablette PaperTab d'Intel. Leur flexibilité s'apparente plus à celle d'une plaque de tôle qu'à celle d'une crêpe, mais les premiers signes sont là.

D'accord pour les écrans, mais côté électronique, le processeur par exemple ? Là encore il existe des prototypes de microprocesseurs organiques flexibles. Disons plutôt des sous-prototypes : moins de 5000 transistors sur une feuille de plastique flexible, et surtout moins de 10 instructions à la seconde. Certains chinois font mieux avec un boulier.

Quoi qu'il en soit et sera, l'électronique souple aura besoin d'électrodes flexibles et transparentes. Elles sont aujourd'hui principalement réalisées à partir d'un film d'oxyde d'étain et d'indium (ITO). Et elles sont partout : écrans LCD, éclairage OLED, cellules solaires, etc. Toutefois les ressources d'indium s'épuisent, le matériau devient très cher, le film d'ITO est fragile, peu flexible, et la technique de dépôt sous vide utilisée pour sa fabrication est lente et complexe. De nombreuses autres voies ont été explorées, en particulier celle des nanotubes de carbone. La dernière semble prometteuse : des alignements denses de nanofils d'or, obtenus à l'aide d'une méthode de fabrication cette fois-ci très simple. Déposés sur un substrat transparent et flexible, les films d'or présentent des propriétés électriques et optiques équivalentes à celle des films d'ITO. Alors qui sait, peut-être qu'un jour vous toucherez de l'or en appelant votre banquier !

 

Photo : IMEC - Louvain (Belgique)

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