Eric Bogers

Mini-synchrotron

15 février 2018, 10:44
Mini-synchrotron
Mini-synchrotron

Révéler une œuvre masquée sous la peinture d'un tableau de Rembrandt, mettre en évidence de légers points de fatigue dans les navires, prédire l’athérosclérose (ou durcissement des artères) : voici quelques exemples des applications potentielles de Smart*Light, synchrotron de table. Les chercheurs des universités technologiques d’Eindhoven et de Delft (TU Delft) vont développer et construire cette source de rayons X au sein d'un consortium réunissant des entreprises et d’autres universités. En effet, cet intense rayonnement X n’est accessible que dans des installations aussi coûteuses que volumineuses, fort peu nombreuses.

Synchrotron

Si vous êtes chercheur et que vous souhaitez utiliser les rayons X, vous n'avez que deux possibilités : un tube à rayons X compact qui rayonne dans toutes les directions de manière incontrôlée, ou l’accès à l'un des 70 synchrotrons disponibles dans le monde, constitués d'immenses installations extrêmement coûteuses, capables de produire une quantité d'énergie focalisée et précise. La source la plus puissante d'Europe se trouve actuellement au sein de l'ESRF (European Synchrotron Radiation Facility), à Grenoble.
 

Échelle pratique

Avec Smart*Light, le consortium souhaite combler un manque et créer un « synchrotron à échelle pratique ». L'objectif est donc de construire une source de rayons X compacte et réglable de moins de 4 m de long, utilisable à volonté dans n'importe quel laboratoire. Les secteurs intéressés par un tel appareil ne semblent pas manquer aussi bien dans le diagnostic médical, les applications high-tech, la construction aéronautique, automobile et navale que la recherche en matière d’œuvres d'art. Smart*Light permet en effet d'analyser, couche par couche, la composition chimique des œuvres d'art, non seulement pour leur conservation, mais aussi, par exemple, pour les authentifier.
 

Collisions

Cette source révolutionnaire de rayonnement s’appuie sur la production de rayons X au moyen de collisions entre la lumière laser et des électrons accélérés. Déjà connue depuis plusieurs décennies, la théorie de ce phénomène a été baptisée diffusion Compton inverse, mais ce n'est qu'à une date récente que la technologie indispensable a atteint un niveau de développement suffisant.

Source : TU Delft
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