Elektor Team

Silico ergo sum ?

10 décembre 2013, 14:38
Silico ergo sum ?
Silico ergo sum ?

Méditation sur le sens de la vie entre la dinde et la bûche, excès de cornichons à l'apéritif ou somnolence devant Matrix, vous vous êtes peut-être déjà demandé si vous n'étiez pas qu'une variable parmi les autres variables d'un gigantesque programme informatique, bref si notre univers n'était pas qu'une simulation numérique.

Toutes divagations paranoïaques ou rêveries mises à part, quelles pourraient être les raisons sérieuses de se poser la question ? Le philosophe Nick Bostrom en a trouvé au moins une en 2003 : supposez que les capacités des ordinateurs poursuivent leur rythme de croissance actuelle. Tôt ou tard, les aptitudes de ces machines dépasseront le stade des prévisions météo (c'est déjà pas mal !)pour entrer dans des sphères calculatoires aux possibilités infinies, comme si du stade d'engrenages esclaves elles passaient à celui de neurones émancipés. Les générations futures auraient alors entre les mains bien mieux qu'une grosse pelle pour déterrer et comprendre le passé de leurs ancêtres : ils pourraient modéliser une civilisation, doter ses représentants d'une conscience, allumer le tout et regarder le programme en mangeant des cacahuètes. Si c'est le cas, alors il n'est pas irrationnel de se demander si nous ne sommes pas de simples consciences modélisées par nos descendants.

Le physicien Martin Savage s'est demandé s'il était possible de distinguer expérimentalement un univers vrai d'un univers modélisé.

 

D'après lui, quelles que soient les capacités des super-ordinateurs du futur, leurs ressources ne pourront pas être infinies, et cette contrainte se manifestera par un léger froissement de l'espace-temps modélisé par rapport à l'espace-temps réel. Conséquence observable, cette différence troublerait le déplacement des rayons cosmiques de très haute énergie.

 

A-t-on mesuré de telles déviations ? Pas pour l'instant, si tant est d'ailleurs que nos instruments actuels soient capables de le faire, mais avoir trouvé un moyen de tester la réalité de nos murs est déjà un résultat en soi. Pas de crise existentielle à redouter donc, jusqu'à preuve du contraire la vie restera à base de carbone et pas de silicium. Espérons tout de même que si super-ordinateur à la Matrix il y a, un de nos descendants ne se prendra pas le pied dans le fil qui l'alimente.

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