Thomas Scherer

Energie : nouveautés dans les réacteurs au thorium

11 septembre 2017, 19:23
Réacteur expérimental au thorium (Pletten, Pays-Bas). Illustration : NRG
Réacteur expérimental au thorium (Pletten, Pays-Bas). Illustration : NRG
Les chercheurs du NRG (Groupe d'experts et de recherche nucléaire) aux Pays-Bas travaillent déjà depuis longtemps sur des réacteurs (plus) sûrs aux sels de thorium fondus. Des expériences d'un genre nouveau ont commencé. Ces expérimentations néerlandaises de Petten sont les premières du genre depuis plus de 45 ans car les recherches initiales faisaient apparaître des contraintes insurmontables concernant les matériaux.

Il y a deux semaines, dans le cadre du programme SALIENT, un ensemble de tubes concentriques scellés a été introduit dans le cœur du réacteur expérimental à haut flux de Petten. Dans le plus petit de ces tubes, se cache un ensemble encore plus petit de quatre creusets de graphite contenant un mélange de sels, composé de fluorure de lithium et de fluorure de thorium. Les spécialistes considèrent ces nouvelles expériences comme une renaissance dans la mesure où des problèmes techniques avaient fait échouer les expérimentations des années 70 dans le monde entier. Mais de nombreux physiciens du nucléaire clament toujours que le thorium a un potentiel, car par principe, il serait beaucoup plus sûr, voire même écologique en ce qui concerne les déchets nucléaires et pourrait bien animer la prochaine génération de réacteurs.
 
Les réacteurs atomiques actuels sont basés uniquement sur les technologies de l'uranium ou du plutonium avec un refroidissement par eau car l'énergie nucléaire des débuts était intimement liée à la recherche sur les armes atomiques. C'est pourquoi à l'époque, le concept de meilleurs réacteurs basés sur le thorium avait été abandonné au centre américain de Los Alamos : ces réacteurs ne pouvaient pas engendrer le plutonium nécessaire pour fabriquer les armes nucléaires. Les partisans de la filière thorium pensent que ce dernier pourrait constituer une alternative à l'uranium en étant un combustible comparativement plus propre, plus sûr et meilleur marché. Le refroidissement des sels fondus est par principe autorégulateur et tolérant aux pannes. En outre, le thorium est notoirement plus facile à extraire.

Le principe de fonctionnement d'un réacteur au thorium est bien expliqué dans cet article Wikipédia.
 
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