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BOSS, si on jouait à où est Charlie en 3D ?

10 décembre 2013, 14:38
BOSS, si on jouait à où est Charlie en 3D ?
BOSS, si on jouait à où est Charlie en 3D ?

L'affaire Edward J. Snowden connaît des ramifications qui surprennent, et pas seulement les néophytes. Ceux-ci n’en reviennent pas de leur candide stupéfaction face au programme de surveillance américain PRISM, de collecte d’information sur internet. Or, voilà que le département de sécurité intérieure des Etats-Unis (NSA) annonce des avancées significatives sur son système de surveillance biométrique à base de caméra stéréoscopique. Le BOSS (Biometric Optical Surveillance System) est le futur « big brother » qui vous traquera dans la rue quand vous jouerez à « où est Charlie ? » avec les agents de sécurité de la NSA. 

Ce système, en développement depuis deux ans, utilise deux caméras infrarouges capables de prendre plusieurs clichés d’un visage sous différents angles. Ces images stéréoscopiques sont transférées à un système d’analyse chargé d’identifier les visages de «suspects» présents par exemple dans un mouvement de foule. La correspondance entre les différentes captures de visages est établie sur la base de signatures 3D extraites des images stéréoscopiques provenant des caméras. Le système est capable de capturer des images du visage d’un individu à une distance entre 50 et 100 m. Comparée à un réseau de caméras classiques, cette technologie infrarouge 3D n’est perturbée ni par des variations d’éclairage ni par une occultation partielle des visages en mouvement. 

Les échos récents de la société Electronic Warefare Associates qui exécute ce programme, font état d'un taux de reconnaissance satisfaisant à courte distance (~80 %). En revanche, les essais de captures éloignées sont jugés insuffisants (<70 %) pour un lancement officiel dans les systèmes de la NSA. Le temps de calcul, qui avoisine encore les 30 s, ne laisse guère présager de déploiement du « BOSS » pour cette année. En tout cas, si c’est pour jouer à « où est Charlie ? », ces messieurs pourront au moins se consoler à l’idée que leur système aurait eu assez de temps pour retrouver E.J. Snowden coincé dans la zone de transit de l’aéroport de Moscou. 

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