Droit à la réparation

17 avril 2018, 17:03
Droit à la réparation
Droit à la réparation
Pour prolonger la vie de mon téléphone Nexus 5, j’ai installé dans sa mémoire différents logiciels. Le matériel a continué à fonctionner parfaitement, mais Google n'assure plus la prise en charge du logiciel. J'utilise aujourd'hui LineageOS, système d'exploitation open source pour les appareils Android, qui continue à reconnaître le Nexus 5.

Ce téléphone a été lancé en octobre 2013, au départ sur Android 4 (KitKat). Il a été ensuite reconnu pendant deux ans par la plupart des mises à jour Android, jusqu'à la version Android 6 en octobre 2015. Mais il ne faisait pas partie des appareils pris en charge par Nougat (Android 7).

Test de chute

Le Nexus 5 est un téléphone d’excellente qualité, doté de bonnes spécifications matérielles, bien suffisantes pour une utilisation normale. Il s'est montré robuste en survivant à plusieurs « tests de chute » involontaires au cours d'une durée d'utilisation de trois ans. Les nouvelles capacités d’Android Nougat ne m'intéressent pas particulièrement, mais les mises à jour de sécurité ont été également stoppées pour ce modèle, en octobre 2016. Si les failles de sécurité connues ne sont pas corrigées, votre téléphone est vulnérable. J'exprime donc toute ma gratitude à la communauté LineageOS pour avoir poursuivi la prise en charge du Nexus 5 dans son micrologiciel. Mon matériel a ainsi quelques chances de continuer à fonctionner jusqu'au test de chute final (qui lui sera fatal).

Au total, le Nexus 5 n'a été pris en charge par Google que pendant trois ans. (Comme le modèle est un produit-phare de Google, l’entreprise est directement responsable des mises à jour, contrairement à la plupart des téléphones Android où le processus incombe au fabricant.) En réalité, dans ce domaine, Google ne fait pas exception. Trois ans de support garanti est certainement l’une des meilleures offres possibles dans l'environnement complexe du système Android où les fabricants de téléphones, les producteurs de puces électroniques, les opérateurs de réseaux et Google doivent travailler de concert pour mettre en œuvre les mises à jour.

Samsung en justice

Les cycles de vie de produits ultracourts sont néfastes pour l'environnement. Prolonger la durée de vie des appareils permettrait de réduire l'utilisation des minerais raréfiés nécessaires aux composants des téléphones mobiles et contribuerait à réduire la gigantesque montagne de déchets électroniques produite.
Pour cette raison, Greenpeace a exhorté, l’an passé, les fabricants à produire des appareils faciles à réparer.

La réduction de la durée de vie des produits impose aux consommateurs de dépenser beaucoup pour acquérir de nouveaux téléphones. L'association néerlandaise de défense des consommateurs a pris fait et cause pour eux en citant Samsung à comparaître devant les tribunaux en exigeant que le fabricant garantisse les mises à jour pendant au moins 2 ans à partir de la date d’achat. Selon ses propres investigations, cette association affirme que 44 % des téléphones Samsung n'ont pas bénéficié de mises à jour de sécurité pendant 6 mois, ou plus. Samsung et l’association ont comparu devant la justice le 26 mars, et la décision du tribunal n’a pas encore été rendue publique.

Comprendre et réparer

Les hommes politiques commencent à prendre conscience qu'il y a matière à agir. Récemment, en Californie, a été introduite une législation destinée à garantir le « droit à la réparation ». Si cette loi est votée, les fabricants d’appareils électroniques devront mettre à la disposition du public des pièces de rechange et des manuels de réparation.

« Cette loi va aider à protéger le droit de comprendre et réparer vos propres appareils », précise Kit Walsh, avocat de l’association de défense des droits des usagers du numérique Electronic Frontier Foundation. « Nous devrions encourager chacun à démonter les appareils et à apprendre de ce qu’ils contiennent. C’est d’ailleurs ainsi que la plupart des inventeurs qui ont réussi ont procédé pour se lancer ».

Photo : William Warby. CC BY 2.0.
Chargement des commentaires...
articles apparentés